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Face à face d’affaires africaines à La Défense

02/04/2009

Par Nadia Moulaï

face3.jpg Porteurs de projets et investisseurs panafricains se sont donnés rendez-vous pour parler business. Car l'entreprenariat, en Afrique, se joue aussi en Europe. Une première, organisée par Africa Synergies International.

Brasserie Bellini à Puteaux, à quelques encablures de la Grande Arche de la Défense. Vendredi soir 27 mars, Jean- Baptiste Bokoto, président du réseau d'investisseurs Africa Synergies International, ouvre le premier speed meeting business panafricain. Dans la salle, une vingtaine de tables où toutes les demi-heures, la quarantaine de participants change d'interlocuteur. L'ambiance est détendue. Buffet et service assurés par une serveuse, la rencontre rapide n'empêche pas la convivialité.


Bien sûr, les porteurs de projets, plus nombreux que les investisseurs, attendent beaucoup de la rencontre. Comme Labson, (voir photo) venu de Bruxelles avec son épouse. Avec son allure jeune et son costume caramel, le trentenaire s'est lancé dans la plantation de pourghere (céréale africaine) entre le Burkina Faso et le Togo, pays d'origine de ses parents. « On l'utilise pour reboiser les sols appauvris et fabriquer une huile qui servira de carburant. En 2009, nous voulons acheter 500 tonnes de graines. Il nous faut 270'000 euros », explique t-il. Conscient du challenge dans ce contexte de crise, il ajoute « nous n'avons pas besoin de cette somme immédiatement. Pour l'instant, ce sont les graines ensuite il nous faut une presse ». D'autant que sur place, les villageois commencent à tirer les bénéfices du Projet Pourghere. « Aujourd'hui, on a 30 familles. La vente des graines permet à certains de financer l'école des plus jeunes. Notre projet prend une dimension humanitaire.»

On comprend mieux les attentes de Labson. Justement, Jean-Baptiste Bokoto, aux commandes de la soirée, annonce un changement de table. Tous attendent de se trouver face à Cheikh Sékou Keita, fondateur de CI.DI.GA. Cet ancien directeur financier d'une grande banque espagnole, au carnet d'adresses légendaire, est l'un des trop rares investisseurs présents lors de la soirée.

Cheikh Keita, comme un gourou, reçoit au fond du restaurant. Costume noir, chemise surpiquée, il a l'allure du PDG, presque trop chic pour cette brasserie populo-kistch. La structure qu'il a mise en place favorise le rapprochement entre des entreprises implantées en Afrique et des candidats locaux. « Faire en sorte qu'elles ne recrutent plus dans la diaspora africaine, dit-il. C'est un nouveau concept. Parmi les partenaires, Epson, des multinationales espagnoles. Depuis 1996, nous avons placé 178 candidats dans les projets.»

Labson attend son tour. Avant lui, un journaliste burundais s'entretient avec Keita, non pas pour un interview ou pour un investissement dans la presse africaine, mais pour vendre un projet de fast-food. L'entretien sera bref. Labson se lève. Trop tard, une jeune femme est plus rapide. Labson attend toujours. Pendant ce temps là, les convives nouent des contacts. Comme Willy Kingolo, congolais et Alain Marteau son associé français, venus pour dénicher une aide. Leur projet ? Monter une structure au Congo-Brazzaville dédiée au bâtiment, à l'assainissement et à l'élevage. Si tout fonctionne, ils exporteront « tilapia et viande d'autruche vers la France, le marché de Rungis, les boutiques du 18e arrondissement de Paris et pourquoi pas les gros distributeurs » selon Willy. L'autruche en France, un pari non ? « C'est une viande d'avenir. » répond Alain avant d'ajouter « Il n'y a pas de cholestérol. » Montant du financement : « 200'000 à 300'000 euros », annonce Willy. Difficile ! L'air sage et sûr de lui, Willy n'est pas inquiet. « Il n'y a pas de guerre. Les multinationales entretiennent un climat de conflit pour garder la manne financière. C'est un formidable pays... » A ce moment, notre conversation est interrompue par l'arrivée en grande pompe de Dogad Dogui, président d'Africagora et du Cercle de la diversité. Jean- Baptiste Bokoto lui tend le micro. Quelques mots pour témoigner de « son enthousiasme d'être là » et le tour est joué ! Séduit, Labson s'empresse de lui parler de son projet.

22H30, Bokoto sonne la fin de la soirée. C'est le moment du bilan pour Labson. « Pas vraiment à la hauteur de nos attentes, mais c'est aussi le risque à prendre ». Alors l'afro-pessimisme a de beaux jours devant lui ? « Non car en Afrique, tout reste à faire » claironne Cheik Sékou Keita.

Commentaires

Une petite contribution pour éclairer les blogeur
JUSTIFICATION DU PROJET
1- Contexte favorable
a- La forte dépendance de la production d’énergie dans nos pays vis-à-vis du pétrole
b- La possibilité de produire cette énergie et de maîtriser la distribution sur place
c- Les prix instables et élevés du baril de pétrole classique
d- L’interaction entre reboisement du pourghère et exploitation céréalière des espaces.
2- Contexte environnemental
Le projet permet de lutter efficacement contre la désertification, l'érosion des sols, l'effet de serre et donc le réchauffement climatique, comme en témoigne son bilan de C02 largement positif (1 Hectare de plantation de pourghère absorbe 50 tonnes de CO2/année).
Le Pourghère (Jathropha Curcas) est une plante mieux indiquée pour lutter contre l’érosion des sols, contre l’ensablement de nos baffons et nos barrages. Ce qui constitue également une bonne solution pour la récupération des sols dit impropres à la culture. Enfin cette plante peut jouer un rôle de frein à l’avancement du désert car il résiste très bien à la chaleur et au manque d’eau.

DESCRIPTION DU PROJET
Le ‘Projet Pourghère’ est un projet de développement durable qui se veut soucieux du bien-être des populations. Le projet a pour but d’améliorer les conditions sociale, économique et environnementale de ces populations, qui soient vivable, équitable et durable.
Ce projet est une nouvelle approche de développement participatif pour les populations qui sont appelés à être des acteurs et non des sujets.
La production des graines et des céréales se fait simultanément, avec le pourghère formant des haies vives autour des terres de cultures. Les plantations d’arbres fruitiers y sont associées et la culture maraîchère se fait en saison sèche pour occuper les producteurs sur place.
- La production céréalière permettra de constituer des greniers de stockage pour les périodes difficiles.
- La production de fruits et légumes sera vendue dans les zones urbaines selon des circuits établis
- La production des graines de pourghère permettra d’extraire de l’huile pour :
· l’éclairage des familles,
· le fonctionnement des moulins à céréales,
· le fonctionnement des pompes à eau et des groupes électrogènes,
· la fabrication de savons à bas prix (savons liquides, savons en poudre, savons en briques),
· la fabrication des engrais organiques grâces aux résidus,
· la fabrication des tourteaux pour le bétail.

Merci à vous

Écrit par : Labson | 02/04/2009

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