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Le succès des Beurs dans la finance

16/03/2009


Selon Fadila Palmer, PDG de Lunalogic, une société de conseil spécialisé en finance de marché, « certaines banques ont très tôt pratiqué la diversité des cultures dans leurs recrutements, très naturellement. Leur priorité étant la recherche de l’excellence et des compétences quelque soit l’origine ethnique des candidats. » Des propos confirmés par Amine : « Ça fait 8 ans que je bosse dans la finance et c’est vrai que c’est très coloré, dit-il, enthousiaste. À ce qu’il se dit, les Franco-maghrébins excellent dans les matières technico-scientifiques », poursuit-il. Mais cette inclination pour la finance s’explique de manière rationnelle.

 

« L’intérêt des Franco-maghrébins pour les matières mathématiques reste constant tout au long des études secondaires puis universitaires », souligne Fadila Palmer. Et quand les candidats au trading ou à l’ingénierie financière viennent du Maghreb, leurs aptitudes sont encore plus nettes. « Nous avons remarqué que les profils ayant effectué leurs études secondaires au Maghreb avaient en moyenne un niveau supérieur en maths par rapport aux candidats ayant effectué leurs études secondaires en France. L’enseignement de l’algèbre poussé s’effectue dès le cursus secondaire. En France, on attend les classes préparatoires pour enseigner cette discipline », ajoute la dirigeante de Lunalogic.

 

Reste que les Franco-maghrébins sont bien vus dans les salles de marché. À tel point que les profils spécialisés en trading, ingénierie financière ou encore informatique issus des quartiers populaires fourmillent dans le secteur. « Dans ma salle, on est une centaine. Il y a environ 4 traders et 15 assistants traders, tous d’origine étrangère », d’après Samy. Amine poursuit : « D’après ce que je vois, on est bons en maths surtout dans les matières techniques… »

 

Amine ne fait, donc, pas figure d’exception. Originaire de Cergy dans le Val d’Oise, sa vocation se dessine assez vite. Bac économie, un master 2 en Banque Finance avec en parallèle des études d’expert-comptable ! Après un stage de fin d’étude dans une banque, il est embauché dans l’un des fleurons financiers français. Il y passera quelques années avant de rejoindre un établissement bancaire étranger.

 

Même si la crise est loin d’être passée, Amine est plutôt bien loti. Il ne nous dévoilera ni son salaire, ni le montant de son bonus. Seule information : « J’ai fait une grosse culbute de salaire – environ 40% – entre la 2e et la 3e banque. » Par les temps qui courent, il préfère rester discret sur le nom de sa banque et surtout les montants de sa rémunération globale. Idem pour Samy, le trader. Et s’ils s’entendent sur la nécessité de rester circonspect sur leur salaire, les deux financiers ont un point de vue bien différent sur ce qui les préoccupe en ce moment, la crise.

 

« Oui, la prise de risque et les traders qui prennent des positions incontrôlées pour obtenir des bonus, sont l’une des origines de la crise », lance Amine. Pour Samy, trader depuis cinq ans l’explication est superficielle : « Tu oublies comment la FED et le gouvernement Bush ont encouragé des millions d’Américains à s’endetter pour acquérir des biens immobiliers. » À ce moment-là, on prend de la hauteur, loin « des clichés véhiculés dans la presse » souffle Samy. Car sur le sujet, l’image des traders est définitivement écornée.

 

Pourtant, « on oublie que les traders c’est souvent la crème de la crème, Polytechniciens, centraliens », rappelle-t-il. Alors traders, tous coupables ? « Non, n’oubliez pas que la finance de Miami, c’est Dubaï sauf que tout est construit sur le crédit… »

Commentaires

Question naïve : est-ce qu'on n'est pas dans le préjugé racial bienveillant lorsqu'on dit que les Beurs ont une aisance pour les mathématiques (comme lorsqu'on dit que les Noirs courent vite) ?

Écrit par : Al-Kanz | 16/03/2009

Dans l'imaginaire des franco-maghrébins, peut-être parce que les parents n'ont pas fait d'études, pour un grand nombre de raisons qui seraient trop longues à exposer ici, le symbole de la réussite scolaire puis sociale réside dans l'exercice de la profession de médecin, de dentiste, d'ingénieur ou d'avocat. Hormis cette dernière profession, toutes les autres sont le fruit d'un cursus scientifique. Je pense que les franco-maghrebins sont donc "naturellement" motivés par la chose scientifique. Pour ma part (et pour celle de mon entourage), il était plus noble de poursuivre un cursus scientifique qu'un autre cursus. Plus motivés par les maths donc plus représentés... De là à dire que les "Beurs" ont une aisance pour les mathématiques... On n'a de l'aisance que ce pourquoi on est motivé!

Écrit par : DanRather | 16/03/2009

Je pense plutôt que les filières scientifiques étaient prisées car moins difficiles à intégrer : les littéraires n'étaient pas légion.

Écrit par : Al-Kanz | 16/03/2009

Les profils matheux dont on parle sont tous issus des grandes écoles (polytechnique, Centrale...) dont les concours d'entrée sont les plus difficiles qui soient.

Écrit par : DanRather | 16/03/2009

Ca ne change rien au fait qu'il était plus facile d'intégrer une filière scientifique qu'une filière littéraire.

Écrit par : Al-Kanz | 16/03/2009

Je ne sais pas trop si ces temps-ci on peut parler avec bienveillance de ceux qui font des spéculations boursières, leur métier..

Qu'ils soient d'origine maghrébine, juive (Madoff), asiatique ou je ne sais trop d'où..


Cela dit, le fait que ces Franco-maghrébins réussissent malgré leur origine devrait être montré en exemple à tous les jeunes se plaignant de discriminations etc.
Ce matin sur Canal+ je suis tombé sur une émission (c'est la 1ère fois que je la regardais, bénéficiant de 10 jours gratos lol; donc je ne me rappelle pas le titre..) dont le thème était la diversité.
Intervenaient un journaliste d'origine antillaise, une jeune femme d'origine sénégalaise et faisant de hautes études; et un intellectuel congolais (ou camerounais, je ne sais plus).
Tous 3 convenaient qu'il fallait des exemples aux jeunes.

Malheureusement, ce sont souvent les mauvais exemples qui servent d'exemples, cf ce médiateur "grand frère" tué dernièrement alors qu'il tentait avec ses accolytes de foncer sur des policiers avec une voiture; 35 condamnations à son actif et armes + cagoules découvertes dans le coffre du véhicule.....

Écrit par : Romuald | 17/03/2009

Ce n'est pas tant le goût du travail et de la persévérance qu'il faut inculquer à chacun que des exemples, qui certes ont quelques vertus mais ne sont pas LA solution.

Écrit par : Al-Kanz | 17/03/2009

Si les jeunes gens issus des quartiers popu arrivent plus à faire des prépa maths sup ou de l'éco, c'est tout simplement parce que ce sont des filièrs qui ne demandent pas de capital culturel conséquent. Un "beur" a plus de chance de faire Centrale que Sciences po, et Polytechnique que l'ENS... oui parce que de la micro, de la macro, des chiffres, c'est pas une dissertation sur Walras ou un mémoire de philosophie politique (même si, qu'on se le dise, toutes ces écoles ne sont que des fabriques à cons!)

Écrit par : Maria | 25/03/2009

Bonjour,
Il me semble qu'il faut souligner que la grande majorité des maghrébins qui sont dans la finance et dans l'informatique en France ne sont pas issues de l'école Française, mais qu'ils ont immigré après avoir fait leurs études au Maghreb. C'est le résultat de la fuite des cerveaux que subit le Maghreb à l'instar de tous les pays du tiers monde.
C'est plutot triste...

Écrit par : Elvis Parisly | 04/04/2009

ridicules ce sont en majorité les français d origine maghrébine qui accèdent aux grandes écoles et ont ce profil scientifique , en ayant eu une formation française .

Les candidats venus directement du maghreb ne sont qu une infime minorité au meme titre que les autres candidats immigrés d ' Afrique noire .

Écrit par : non | 20/04/2010

personnellement je pense que c est le passé et une certaine culture scientifique " arabe " qui explique cela . Après tout des termes comme algèbre, arithmétique , alchimie , algorithme sont d ' origine arabe , et les musulmans ont contribué très fortement , quand ils ne l ont pas introduit à l essor des matières scientifiques en Europe .

Parmi les élèves suivis , j ai en effet , constaté que les français d origine maghrébine avaient une certaine inclination vers les poles scientifiques , " la bosse des maths " .

Écrit par : neila | 20/04/2010

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Écrit par : Dissertations | 01/10/2010

Bonjour,
Dans ce secteur d'activité trés sensible qu'est la finance, je suis surpris et contend d'apprendre que les beurs sont appreciés pour leurs competences j'aimerais constitué un fond d'investissement pour financer la création d'entreprises parmis la grande majorité des beurs exclus et marginalisés et pour cela je lance un appel a nos fréres tradeurs pour leurs conseils.......

Écrit par : Zerbitchi | 02/12/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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