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Les Tanguy des banlieues

01/12/2008


Enora habite Saint-Denis, cette jeune diplômée est chargée de clientèle dans une banque, et touche un peu plus de 1 400 euros net par mois : de quoi payer son propre loyer, en théorie. Mais elle ne compte pas partir de chez ses parents, « pas avant de se marier ». Elle ne considère d’ailleurs pas qu’elle habite chez ses parents. « Ah non ! Je ne vis pas chez mes parents. Je vis chez moi ! » Les tâches ménagères, les repas seule face à la télé, les dîners faits de soupes en brique, très peu pour elle, affirme-t-elle.

Mais c’est aussi un choix économique pour cette jeune femme : jusqu’à la dernière rentrée, elle n’avait fait que des stages. Une fois par trimestre, elle touchait donc quelques indemnités (500 euros en moyenne). Dans ces conditions, être logée, nourrie et blanchie gratuitement ne se refuse pas !

Une économie substantielle en comparaison du budget de ses amis « indépendants ». Comme Pacifique : depuis son arrivée en métropôle, à 18 ans, il a « son apart’ » et travaille pour faire face à ses frais : 90 euros d’inscription annuelle à la fac, 470 euros de loyer mensuel, 200 euros de courses alimentaires par mois, 60 euros de carte Imagin’R, 30 euros d’Internet, 40 euros de téléphone portable... Le rapport coût/indépendance est trop élevé à payer selon les Tanguy : Toujours selon l’INSEE, environ 17 % des jeunes adultes ne vivant pas chez leurs parents sont pauvres en termes de conditions de vie contre 13 % pour l’ensemble de la population.

C’est pour cela que d’autres jeunes, comme Marc, 29 ans, consultant pour une agence de communication, se « Tanguyisent » malgré eux. Il vit toujours chez ses parents à Saint-Ouen. En cause ? La pénurie de logements de petite taille dans les grandes villes Ainsi, même si les Tanguy envisageaient de quitter le nid pour prendre leur envol, tout ne serait pas si simple. En imaginant qu’ils trouvent un studio idéal (une cuisine de plus de 2m2, une fenêtre et un paillasson généreusement offert par le prédécesseur) il leur faudra encore remplir un dossier de « candidature » : 3 dernières fiches de paye, avis d’imposition, 1 mois de caution, bientôt analyses d’urines et test HIV... et un garant. C’est là que le bas blesse : Où trouver un garant quand on subvient aux besoins de ses propres parents ?

Sandra, 25 ans, habite dans les quartiers Nord de Marseille. Si elle et ses sœurs restent chez leur mère, c’est avant tout par solidarité. « Notre mère était femme au foyer jusqu’à ce que notre père la quitte, en 2004. Il a payé 450 euros de pension alimentaire les premiers temps, aujourd’hui il ne paye plus rien puisque nous sommes majeurs. Elle n’a aucune expérience donc n’est embauchée nulle part. Ma sœur est commerciale et mon frère agent immobilier, à nous 3 nous gagnons 4 500 euros. Ce qui permet de payer le loyer, les factures : le jour où nous partons, ma mère ne pourra plus subvenir à ses besoins. »

Mais pour les Tanguy mâles, un autre critère vient s’ajouter aux précédents : ils attendent le mariage pour partir, mais se marient de plus en plus tard. En cause : la promise introuvable. Eh oui ! Comment choisir une femme acceptable quand on est habitué à avoir une mère à sa dévotion, qui ramasse ses chaussettes, cuisine ses dîners et fait son lit sans rien demander en retour ?

Commentaires

notre histoire ne déchaîne pas les foules :=)

Écrit par : enora | 01/12/2008

Disons qu'il y en a qui bossent.. :p

Je discutais il y a quelques jours au boulot avec une jeune femme de 24 ans, française d'origine marocaine, avant-dernière d'une famille de 9 enfants (!) dont 6 garçons, 3 filles.
Ses parents ont réussi à trouver il y a 15 ans un logement en zone pavillonnaire à Sevran-Livry, pour échapper aux lugubres tours de Sevran-Beaudottes. Pour l'instant, après avoir beaucoup galéré d'un point de vue personnel, elle a réussi à trouver un petit boulot de femme de ménage. Comme c'est à Roissy, c'est plutôt bien payé (1.700€ mensuels).
Elle me disait qu'elle avait envie plus que tout de quitter le carcan familial où vivent encore la plupart de ses frères, pourtant trentenaires.

Mais se posera forçément le problème du garant; son père est à la retraite, et elle se retrouvera vraisemblablement dans la même situation que les jeunes de l'article..
Concernant cette histoire de garant, je suis ancien militaire, et actuellement fonctionnaire; j'ai pourtant dû me rendre dans une agence immo avec mon père (1.500€ de retraite environ) afin qu'il se porte garant pour moi; pour un petit appart de 25m²/500€ au rez-de-chaussée d'une maison d'Aulnay..

Il est donc évident que la situation doit être beaucoup plus délicate pour celles et ceux gagnant beaucoup moins, et surtout, ayant des parents pas forçément solvables suivant les critères des agences immo.


A propos des gars qui attendent le mariage pour quitter le domicile familial, une autre jeune femme, elle aussi femme de ménage mais cette fois Malienne, m'avait appris que les Maliennes ne pouvaient pas quitter le domicile familial avant le mariage? sauf que, contrairement aux gars, il semble qu'elles n'aient pas spécialement le choix.. :/


En tout cas, il est certain qu'un(e) jeune célibataire en banlieue rencontrera toutes les difficultés pour se loger Peu importe les origines, le salaire (du moins des bas salaires jusqu'aux salaires moyens), l'âge ou le sexe..

Écrit par : Romuald | 01/12/2008

Evidemment, cela ne pouvait être politiquement correct sans une saloperie sur les hommes pour terminer !!!!!!!!!

Alors je vais parler de moi !!!!

J'ai 36 ans, une tare incorrigible je suis un homme.
Depuis ma plus tendre enfance je me défonce au boulot !
D'abord son l'impulsion tendre mais ferme de mes parents pour réussir mes études (un diplome d'ingénieur de bonne écoles).
Puis de moi-même, moins de 3 mois de chomage en tout malgrès la crise des années 90% qui m'acceuillit sur un marché à 13% de chomage !
Je me suis immédiatement logé par mes propres moyen avec mes trois premiers mois d'un salaire durement négocier ... Et donc dure à gagner (horaires variables, responsabilités, stress, etc ...)

Et cette année je retourne chez mes parents !

Pourquoi ????

Parceque mon ex-femmes qui ne fout rien depuis sa plus tendre enfance, n'a pour elle que d'avoir été mignonne à 15 ans, a fait dix médecin jusqu'à en trouver un qui justifie de sa très grande faiblesse .... Et a obtenu un divorce qui fait qu'elle touche plus que moi par moi par le truchement de la pension alimentaire ... Et se permet même des vacances aux ski !

Alors quand je lit la conclusion de votre article madame,
j'ai la haine !!!
Au sens premier du terme, une colère qui m'envahie profondemment.


PS : mon ex n'a jamais su cuisiner ! Et c'est ma petite vengeance que je mangerai glacée : les enfants, lassés de la purée mousseline au steak haché, reviennent vers moi qui sait faire des crêpes comme mitonner une daube, ou une ratatouille maison ...

Écrit par : samuel | 01/12/2008

autant romuald est super marrant autant samuel n'a jamais entendu parler du 2nd degré :=) merci pour votre intérêt

Écrit par : enora | 02/12/2008

Bonjour
Je suis à la recherche de "Tanguy des banlieues", c'est à dire de jeunes de banlieues qui vivent encore chez leur parents passé 25 ans pour un reportage sur m6.
Contactez moi sur l'adresse camille.m6@hotmail.fr

Écrit par : camille | 02/12/2008

ce n'est pas toujours un choix de vivre chez ses parents, en banlieue, à 25 ans et plus...
avec un salaire des petits revenu, en étant célibataire et sans aide parentale, comment payer un loyer sur Paris ?
à ceux qui pensent que c'est une "tradition" en banlieue de rester vivre chez ses parents, je réponds que c'est une réaction de petit bourgeois, qui ne voit pas beaucoup plus loin que le bout de son nez!

Écrit par : caroline | 30/07/2009

Vous avez 30 ans ou presque et vous vivez encore chez papa et maman ? Vous êtes chouchoutés et vous n'avez aucune envie de quitter le petit nid familial ? Vous privilégiez votre carrière professionnelle et en profitez pour mettre de l'argent de coté ? Contactez notre équipe dans le cadre d'un reportage Tv pour témoigner !

Votre enfant est toujours à la maison à 30 ans et cela vous plaît ? Vous avez du mal à couper le cordon ? Vous préférez l'avoir à vos côtés que de le laisser voler de ses propres ailes ? Contactez notre équipe pour témoigner dans le cadre d'un reportage pour une émission TV !

Camilia.jnacast@gmail.com
01.80.60.95.44

Écrit par : camilia.jnacast | 10/05/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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