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«Si les entrepreneurs sont motivés, CréaJeunes est prêt à soulever des montagnes»

18/11/2008

Propos recueillis par Élisa Mignot

Photo de Aude Guerrucci

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2/2 Adie. Après avoir rencontré un jeune entreprneur qui avait bénéficié d'un prêt de l'Adie, Elisa pose 3 questions à Safia Tami, responsable de la formation CréaJeunes de l'Association pour le droit à l'initiative économique. Si le programme "accompagne les porteurs de projet", c'est aussi à eux "de se bouger".


Pourquoi l’Adie a-t-elle créé, l’année dernière, un programme consacré aux jeunes ?

Le rôle de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a pour but, depuis 20 ans, de permettre à des gens exclus du système bancaire de bénéficier d’un prêt pour créer une activité. Depuis quelques années, la demande de microcrédits explose. Des rmistes, des allocataires de minima sociaux mais aussi de plus en plus de jeunes viennent nous voir. En 2006, un sondage IFOP commandé par l’Adie a révélé que 50 % des jeunes des quartiers avaient envie de créer leur propre entreprise – entendez leur activité, leur emploi. Cela été le déclic : nous avons mis en place, dès l’année suivante, à l’attention des jeunes issus des quartiers, le programme CréaJeunes en Île-de-France mais aussi dans des quartiers de Bordeaux, de Lille-Roubaix-Tourcoing, Lyon, Marseille et Toulouse. 

En quoi consiste le programme CréaJeunes ?

Sa vocation est d’accompagner des jeunes de 18 à 30 ans issus des quartiers avant et après la création d’une activité. Ces jeunes sont orientés vers nous par des missions locales, l’ANPE ou des maisons de l’emploi ; ils passent deux entretiens et nous présentent leur projet. Puis nous choisissons une douzaine de personnes en fonction de l’adéquation qui existe entre le porteur du projet et son projet. Pendant 2 mois, ces jeunes vont suivre un parcours pédagogique et un module de développement personnel ainsi que bénéficier de l’accompagnement d’un tuteur. Cela débouche sur une possibilité de financement pouvant aller jusqu’à 5 500 euros. Mais ce cheminement n’est pas toujours évident : depuis le début du programme, il y a eu, en région parisienne, 12 créations effectives sur 75 projets.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut se présenter ?

Beaucoup de jeunes ont tendance à croire qu’une fois acceptés dans le programme, ils sont dans un cocon pendant deux mois. Mais il n’y a pas de recette-miracle, c’est à eux de se bouger ! La formation prend 3 jours par semaine, il en reste au moins deux pour faire leurs démarches. Et quand ils réussissent, c’est grâce à eux et non grâce à l’Adie ! Il faut comprendre que CréaJeunes est un outil qui permet de minimiser les risques mais ils sont maîtres de leur projet et même de leur vie. Car créer une entreprise nécessite une implication personnelle extrêmement forte et souvent difficile. Tous ne vont pas au bout de la formation ou de la création. Il faut des jeunes motivés et réalistes. Et s’il y a du répondant de leur côté, notre équipe est prête à soulever des montagnes.

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