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L’entreprenariat en banlieue : « Sur le terrain, c’est assez illisible »

21/10/2008

Propos recueillis par Élisa Mignot

 

Michaël Bourgeois est chargé de mission* à la Délégation Interministérielle à la Ville (DIV) qui a pour rôle de contribuer au développement des banlieues en collaboration avec tous les ministères. Si les difficultés à la création d’entreprises semblent bien identifiées, le dispositif du Plan Banlieue visant à les faciliter tarde cependant à se mettre en place.

 

Où en est l’aide à la création d’entreprise dans le Plan Banlieues ?

 

Le Plan Espoir Banlieues comporte un volet consacré à la création d’entreprise : 20 000 créations sont prévues... Il est vrai que l’application n’est pas encore effective. Elle devait avoir lieu à la fin 2008 mais cela risque d’être plutôt en 2009. On va moins vite que sur d’autres mesures, mais il y a eu beaucoup de remontées lors des rencontres territoriales qui ont eu lieu fin 2007 dans toute la France et les principales difficultés des jeunes entrepreneurs ont été prises en compte. Les habitants ne voient pas forcément les résultats pour le moment mais la tâche est difficile et demande du temps. Il y a un vrai décalage entre le temps des mesures et le temps des gens.


Quelles sont les principales difficultés de ces jeunes entrepreneurs ?

 

Il y a beaucoup d’actions et d’organismes sur le terrain et il est difficile pour les gens à la recherche de conseils et d’aide en général de s’y retrouver, de savoir à qui s’adresser et de comprendre quels sont les rôles de chacun. C’est assez illisible. D’autant que dans les quartiers, l’effet réseau étant beaucoup moins fort qu’ailleurs, il est plus difficile d’accéder à des professionnels. Nous avons donc décidé de proposer un parcours fléché. L’idée est qu’un seul opérateur sera retenu sur chaque territoire. Cet opérateur sera l’interlocuteur privilégié, le référent dans cette zone. Il renseignera et orientera vers les structures appropriées. L’autre problème identifié est que la plupart des structures d’appui agissent principalement sur le volet financier. On accorde un prêt à ces entrepreneurs puis on les laisse dans la nature. La deuxième idée est donc de renforcer l’accompagnement technique sur des aspects divers tels que les aspects juridiques, comptables ou administratifs qu’implique la création d’une entreprise et dont les créateurs n’ont pas forcément conscience ou pour lesquels ils n’ont pas les compétences nécessaires. Il ne faut pas que les créateurs soient seuls à bord.

 

Y-a-t-il des particularités à la création d’entreprise en banlieue ?

 

Elles sont de plusieurs natures. Tout d’abord, elle concerne surtout des TPE, souvent dans les domaines des services ou du commerce. Ce ne sont pas des grosses structures avec des gros chiffres d’affaires et un grand nombre d’employés. Si on voit les choses du côté positif, ça veut sans doute dire que, plus qu’ailleurs, les gens en banlieue qui veulent créer une entreprise ont une ténacité particulière. Ils s’accrochent, ils sont décidés à aller jusqu’au bout. Côté un peu plus négatif, ça peut également vouloir dire que la recherche d’emploi est si difficile pour eux qu’ils en sont arrivés à la conclusion que s’ils veulent un emploi, il faut qu’ils se le créent et se mettent à leur propre compte.

 

* Chargé de la mission Emploi et Développement Économique au département Cohésion Sociale.

 

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